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 [PV] Big Brother n'a plus sa place sur scène.

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MessageSujet: [PV] Big Brother n'a plus sa place sur scène.   Sam 31 Déc - 21:35


    Dans un bus omoisien, un étrange couple se tient assis côte à côte. Un homme de taille moyenne et chauve à droite, portait une veste militaire bleue marine, un tee-shirt en col V blanc, un slim gris et des chaussures noires et vernies. Il semblait avoir la trentaine et faire très attention à ses chaussures. A côté de lui se tenait une jeune fille sans âge. Elle portait une petite robe grise de poupée qui lui descendait jusqu’au bas des genoux et un étrange chapeau noir de fanfare. Ses cheveux lui cachait presque tout le visage et elle tenait dans sa main droite un petit objet en métal long et rectangulaire.

    Il attrapa un livre et commença à lire la première ligne du chapitre 19 page 414 nommé Femmes qui partagent un secret.
    Il savait ce qu’allait raconter ce chapitre. Une vieille femme allait présenter les violences qu’aura subies une fillette de dix ans. A ce stade, Pinocchio ne savait pas grand-chose de l’enfant, à part qu’elle était entrée dans un profond mutisme après s’être enfuie de chez elle. Elle a trouvé refuge chez la vieille femme. Lors d’une consultation chez le médecin, on a découvert que l’enfant avait l’utérus détruit. C’était tout ce que savait Pinocchio pour le moment. Dans ce chapitre 19 page 414 nommé Femmes qui partagent un secret, le cordonnier savait que la vieille femme allait continuer ses explications. Elle expliquera peut-être comment cet utérus avait été détruit et si cette enfant avait supporté d’autres vices. Pinocchio n’était pas vraiment pressé de savoir. On venait d’anéantir les chances de cette enfant de donner la vie un jour. Ce n’était pas le sens de la vie d’une femme. Ce n’est pas le centre de gravité, d’enfanter. Mais on ne peut pas démolir ainsi cette chance impunément pour autant. Cette enfant n’a plus le choix, elle est d’ores et déjà stérile. L’homme, car c’était évident pour le chauve, c’était un homme, qui avait commis cette horreur ne dégoutait pas plus que ça Pinocchio. Il le mettait surtout mal à l’aise. Ce n’était qu’une fiction, cette enfant n’existait pas, cet homme non plus. Mais il existait des individus comme cet homme qui avaient fait endurer des atrocités semblables à cette horreur à des personnes comme cette enfant. Ce chapitre allait traiter des violences subies par des femmes à cause de leur mari. Le mal chez les gente masculine embarrassait Pino. Une part de femme en lui avait honte de son organisme mâle. Il n’avait jamais frappé de femmes, ni violé, ni agressé verbalement. Il avait toujours été très courtois. Il n’avait pas le cran pour faire ça. Il n’en voyait même pas l’intérêt.
    De plus, ce roman avait été écrit par un homme. Dans un certain sens, s’il avait été écrit par une femme, peut-être que ce récit l’aurait moins dérangé. Or ce n’était pas le cas, et qu’un homme punisse ainsi par les mots en dénonçant ces affreux monstres n’arrangeait pas le cordonnier dans sa gêne qui croyait voir en ces mots une certaine vérité. Peu de monde accepterait de se remettre en questions et peu d’hommes écriraient ce genre de livre. C’est un petit peu, dénoncer ce qu’on est. L’auteur montrait du doigt des monstres en oubliant la fierté masculine, salissant l’image de l’homme alors qu'il en est un lui-même.
    Ce roman, autant que cet auteur, ébranlait Pinocchio. Il avait préféré le chapitre précédent. L’écrivain avait deux héros étroitement liés et il alternait entre les deux. Les chapitres impairs étaient dédiés à une femme professeur de fitness et tueuse à gage qui découvrait en ce moment l’horreur masculine ; et les chapitres pairs étaient consacrés à un écrivain qui tentait d'en apprendre plus sur une communauté d’extrémistes. Il préférait l’histoire de l’écrivain.
    Mais là il était au chapitre 19 page 414 et il devait une nouvelle fois lire les mots brillants d’une lueur sèche et neutre sur une vérité sociale. C’était écrit simplement, sans détours inutiles, sans métaphores dégoulinantes. L’auteur racontait sans ménagement une histoire qui ne semblait pas le concerner.
    Pinocchio ferma le livre. Il n’avait pas envie de se concentrer sur sa lecture. Une voix blanche, sans personnalité, grave et plate, s’éleva vers son oreille droite.
    « C’est qui les Little People… »
    Il tourna la tête et regarda sa cousine Charlie. Elle avait 17 ans mais en paraissait un peu plus. Peut-être était-ce parce qu’elle ne souriait pas. Elle n’était ni grande ni petite. Tout semblait un peu chétif chez elle : ses lèvres étaient fines, sans rondeurs ni couleurs, elles ne donnaient pas envie d’être embrassées. Ses épaules étaient osseuses et pourtant elle ne souffrait pas d’insuffisance alimentaire. La Nature l’avait mal faite, mal proportionnée, elle l’avait bâclée. Sa poitrine était menue, presque inexistante. Elle levait les bras et elle disparaissait. De plus elle était asymétrique : son sein droit était plus gros que le gauche. Ce n’était pas flagrant, mais après une analyse minutieuse, ça se remarquait.
    Son visage taillé au couteau et aux pommettes saillantes était minuscule. La moitié était dissimulé sous une frange imposante qui cachait jusqu’à même son regard. On se demandait souvent comment elle faisait pour voir. Et ses doigts, ses doigts étaient déraisonnablement longs et blancs. Elle était mince sans être maigre pourtant quelque chose faisait qu’on craignait le fluet chez elle. Elle baissa la tête un instant, le temps de remettre un pan de sa robe grise chinée en place. Ses cheveux chocolat et abimés cachèrent ses traits. Sauf qu’elle releva le menton vers le cordonnier en remarquant son absence de réponse et nous pûmes de nouveau les distinguer. Pinocchio se souvint alors que les yeux noirs n’existaient pas. Le noir oculaire n’existait pas, c’était en fait un marron très sombre semblable à celui de Charlie.
    « Les Little People… »
    Pinocchio sembla se réveiller et il médita sur la question. Il n’y avait pas d’intonations chez Charlie. Ses questions ressemblaient plus à des déclarations de températures à la météo. C’était parfois un peu surprenant mais on s’y faisait. De plus, elle finissait rarement ses phrases. Sa voix restait en suspens dans l’air et on devait deviner seul la suite. Ca aussi c’était surprenant, mais on s’y faisait.
    « - Je ne sais pas.
    - Ce sont eux qui ont détruit… »
    Pino acquiesça. C’était les Little People qui avait détruit l’utérus de la fillette de 10 ans, mais à ce stade du roman, on ne savait pas encore ce que c’était.
    « Oui ce sont eux. »
    Il la regarda longuement, s’attendant à ce qu’elle continue mais la conversation semblait close pour elle ce soir. Pinocchio soupira et regarda par la fenêtre. Elle avait souhaité qu'il lui lise le livre qu'il lisait. Chaque semaine, quand il retrouvait sa cousine, ils allaient dans un café bien connu d'eux maintenant et à voix basse, il lui lisait un chapitre. C'était un instant privilégié entre eux, un moment de complicité. Charlie n’était pas très loquace mais quand il leur arrivait de discuter du livre, ils tombaient souvent d’accord, ce qui était rare avec Charlie comme avec Pino. Aujourd’hui ils avaient lu le chapitre 18 page 393 nommé Big Brother n’a plus sa place sur scène.

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