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 The bird and the worm ▬ Trianna

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Helena Iero

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Par Le Revelus :
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MessageSujet: The bird and the worm ▬ Trianna   Jeu 31 Mai - 20:19



Ennuyée, elle observait Nox, paupières closes et air inexpressif. Elle eut l'envie soudaine de le secouer pour le sortir de son sommeil d'une manière particulièrement brutale, mais ce serait quitter la surface que couvrait son ventilateur. Et puis, l'effort n'en valait pas la chandelle. Il s'exténuerait à la traiter d'enfant irresponsable qui ne passait son temps à faire des âneries, et bla bla bla. Il remplaçait bien les vieilles de l'orphelinat, tiens ... Helena observait la chauve-souris du coin de l'oeil. Depuis combien de temps ce stupide animal la suivait-elle ? Plusieurs années, certainement. Elle n'aurait pas su dire depuis combien de temps exactement, mais cela faisait déjà un petit moment. Il avait partagé ses jours sombres à l'orphelinat, l'avait suivie dans sa fugue sans tenter de l'en empêcher. Mais depuis, il faisait un vrai moralisateur ! Il se faisait un honneur de la tenir en laisse. C'était en quelque sorte son seul parent, l'unique être à savoir retenir ses fantaisies et à pouvoir la ramener à un semblant de raison. Car Helena n'en faisait qu'à sa tête, depuis qu'elle était devenue indépendante. Elle entendait bien mener sa vie comme elle le souhaitait.

Elle se renfonça sur sa chaise, arrangeant des coussins d'un air paresseux. La jeune femme réfléchit à des sujets et d'autres, et tomba sur l'un d'entre eux qui valait au moins un peu de réflexion de sa part. Selon elle, il n'y avait pas énormément de métiers respectables. Les seuls qui valaient la peine d'être exercés étaient nécessaires à la vie - ou à la mort. Ainsi, à ses yeux, prêtre, épicière ou caissière dans un supermarché terrien étaient des métiers tout ce qu'il y avait de plus respectable sur Autremonde, tandis que joueur de foot, danseuse, trapéziste, vedette de cinéma ou fleuriste étaient des jobs bons pour ceux qui n'avaient rien d'autre à faire de leur vie - ou qui n'avaient aucun sens des priorités. Croque-morts n'était donc théoriquement en rien un métier respectable à ses yeux, et à ceux du peuple également. Et pourtant, elle se faisait un honneur de l'exercer. Pourquoi diable s'obstinait-elle ainsi à pratiquer - et même apprécier - ce métier qui devait logiquement lui faire horreur ? Ce métier était donc, toujours en théorie, grotesque et inutile. Ce devait être pour cela qu'elle l'aimait tant. Parce qu'il était tout le contraire de ce qu'elle aimait. Et elle trouvait ça affreusement simple à comprendre.

Ses doigts dansaient sur le bureau couleur ébène. Elle attendait patiemment le client qui devait venir aujourd'hui. Il l'avait prévenue qu'une femme devrait être là également. Cela ne l'intéressait absolument pas, mais au moins, elle saurait combien de corps en trop traînaient dans son antre, combien de choses encombraient son sanctuaire. D'ailleurs, elle voyait une silhouette féminine se diriger vers l'entrée. Elle poussa un soupir. Lorsque l'on ouvrait la porte, il n'y avait nul carillon pour signifier qu'un nouveau potentiel client était entré. Elle le sentait. Les seules présences qui ne la perturbaient pas étaient la sienne et celle de Nox. Toutes les autres lui étaient étrangères. Aussi silencieux et invisible soit une personne, elle savait lorsqu'il y avait quelqu'un. Elle connaissait trop bien ce lieu, dans le moindre de ses recoins. Elle tournait donc le dos à la porte, affalée sur sa chaise, la tête contre le dossier, à moitié allongée dessus. Elle tendait les bras vers le plafond et lançait une balle avec le moins de force potentielle que possible. Elle n'accordait pas la moindre attention à l'être qu'elle ne savait plus très loin. Elle soupira. Les êtres pensants détestaient être ignorés très longtemps.

Sans se retourner, elle articula quelques mots d'une voix sèche et glaciale. C'était comme si l'inconnue était en tort, alors qu'Helena se comportait comme la jeune femme la plus délicieuse au monde.

« Qu'est-ce que vous venez foutre dans un endroit pareil, vous ? Question bête ... Une rousse, une créature du diable. C'est ce que la chrétienté scande. Cette religion est ludique, si on la regarde sous les bons angles. »

Elle se redressa et renversa sa tête en arrière pour observer la femme un peu plus loin. Elle lui offrit son éternel rictus souriant, comme un loup prêt à déchirer la tendre chair de l'agneau innocent. L'oiseau et le ver. Qui serait l'oiseau, et qui le ver ?

_♣ _______________ ♣_
Quand on exécute, au mois d'mars, de l'autr' côté des Pyrénées, un arnachiste du Pays basque, pour lui apprendre à s'révolter, ils crient, ils pleurent et ils s'indignent de cette immonde mise à mort. Mais ils oublient qu'la guillotine, chez nous aussi, fonctionne encore.

Hexagone, Renaud.
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Trianna Van Craft





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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Ven 1 Juin - 20:43

Grande première!
Trianna allait danser à un enterrement.

Oui oui, tout à fait, un "ballet mortuaire", selon les propres termes de l'employeur. Ce type-là avait vraiment de l'argent à perdre pour payer une danseuse professionnelle en lui demandant d'organiser une représentation en l'honneur du défunt.
Peut-être cet demande était-elle liée au fait que le-dit employeur était un vampyr, donc comme beaucoup de ses congénères, très porté sur le décorum, le cérémonial et le spectaculaire... Pas du tout du genre de Trianna donc, mais elle n'en avait cure : il avait promis de la payer grassement, ce sur quoi elle n'allait certainement pas cracher.

Par contre, elle allait devoir se rendre en Krasalvie pour aller organiser la chose avec le croque-mort et le type qui payait l'enterrement. Et ça, ça la gonflait. Non pas que le côté excessivement amidonné des vampyrs de Krasalvie lui posait un problème (encore que...), mais principalement parce qu'elle avait d'autres projets, parmi lesquels un voyage en Krasalvie ne faisait pas partie. BOn d'accord, avec les Portes de Transfert ça ne lui prendrait que 20 minutes de trajet, mais il allait falloir faire la queue derrière la centaine d'autre personne qui se trouveraient invariablement devant la porte pour aller faire un voyage vers un endroit quelconque.. Et ÇA, ça l'énervait réellement.

Enfin, elle n'avait pas tellement le choix si elle voulait ce boulot... Elle ne pouvais pas envoyer chier ce type même si l'envie l'en démangeait. Donc.... Direction la Krasalvie.

Elle sortit donc de chez elle, direction la Porte de Transfert. Elle avait revêtu une tenue qui exprimait parfaitement son mécontentement : slim de toile noir, bottes de cuir noir montantes jusqu'en dessous du genou, ceinture cloutée, T-shirt noir ajusté et sans manches, avec dessus une arabesque rouge animée par magie représentant une goutte de sang stylisée, bracelets à pointes. De toute façon, dans la foule aux styles aussi divers que variés, elle passait totalement inaperçue.

Elle arriva à la porte de Transfert... et comme prévu, il y avait foule. Mais genre VRAIMENT foule. Au point que Trianna passa pas moins de 2 heures à attendre. Quand elle arriva devant les pompes funèbres où ils avaient rendez-vous, elle était parti de chez elle depuis 3 heures, et était dans un humeur noire.

Elle poussa la porte de la boutique. Silence. Pas de sonnette. C'était compréhensible vu que le bureau se trouvait en face de la porte... Et que son occupant tournait le dos à la porte. Pas logique du tout en fait.

Trianna ne distinguait rien à part l'arrière de sa tête et sa longue chevelure noire. Elle ne pouvait dire s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme. Mais le voix qui retentit une seconde après son entrée trancha :

« Qu'est-ce que vous venez foutre dans un endroit pareil, vous ? Question bête ... Une rousse, une créature du diable. C'est ce que la chrétienté scande. Cette religion est ludique, si on la regarde sous les bons angles. »

Une voix incontestablement féminine, et tout aussi incontestablement irritante par le degré de mépris hors du commun qu'elle véhiculait. La femme dans le fauteuil pencha la tête en arrière, dévoila un visage... inindentifiable du fait qu'il était un tout petit peu légèrement à l'envers.

Le fait est que Trianna n'était pas d'humeur DU TOUT pour traiter avec une croque-mort au premier abord totalement imbuvable. Sa réponse fusa donc sans qu'elle ne prenne le temps de réfléchir :

- En fait vous étiez nettement plus intéressante quand vous vous taisiez. Si vous pouviez continuer de vous taire nous réussirons peut-être à avoir une conversation intéressante.
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Helena Iero

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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Dim 3 Juin - 11:36

Bouh, pas commode, la rouquine. Vexée, pauvre petite chose ? On dirait bien. Aussi rousse qu'un renard, ça ne pouvait pas être bien agréable à vivre. Un renard, c'est fourbe, vicieux, ça tue pour rien et c'est détesté par les paysans. Et puis ce museau fin et pointu, c'était tellement laid ... Une sorte de parodie du splendide visage lupin. Helena cherchait n'importe quelle comparaison capable d'importuner la nouvelle arrivante. Parce qu'elle avait envie de l'ennuyer encore plus que les autres clients. Elle avait le malheur d'être rousse, couleur de cheveux que la Vampyr trouvait la plus ignoble de toutes. Elle voyait dans le roux une parodie exaspérante du glorieux rouge. Et cette chose arborait cette couleur de cheveux sans la moindre honte. D'emblée, l'autre n'avait pas plu à Helena. Et elle ne lui plairait certainement jamais. Cependant, la réplique la piqua au vif. Elle eut un tic nerveux, ses sourcils se froncèrent imperceptiblement. Une adversaire à la hauteur de sa sans-gêne. Elle avait au moins le mérite d'avoir de la repartie à revendre.

Elle avait l'air énervée. Ennuyeux, hein ? D'autant plus qu'Helena se révélait être une croque-morts très chiante. Ca devait vraiment être une sale journée, pour elle. Mais notre amie Helena se contre-foutait de ce que pouvait ressentir l'autre. L'amusement était un de ses seuls centres d'intérêt, et c'était d'autant plus drôle lorsqu'elle s'amusait aux dépends des autres. Et la haine de l'autre semblait décuplée - d'habitude, les gens prenaient soin de l'ignorer, ce qui était une réaction tout à fait louable. Tout ceci ne faisait qu'accroître l'intérêt du jeu. Sa réponse fut splendide, et Helena prit le temps de l'intégrer. Loin de l'agacer ou de la vexer, elle avait tout au plus réussi à l'intéresser grandement. Elle aurait évité bien des désagréments en ignorant tout bonnement la vampyr.

« En fait vous étiez nettement plus intéressante quand vous vous taisiez. Si vous pouviez continuer de vous taire nous réussirons peut-être à avoir une conversation intéressante. »

La jeune femme aux cheveux de jais songea qu'il serait bien de se mettre dans une position acceptable pour le commun des mortels. Se levant nonchalamment, tournant son fauteuil vers l'inconnue, elle se rassit sans finesse et fixa la rouquine. Elle l'observa ainsi sans bouger pendant cinq minutes environs, puis fit mine de parler et ... ne parla pas. Finalement, quand elle fut certaine d'avoir assez agacé son auditoire, elle prit réellement la parole.

« Je me fais un honneur d'exacerber la repartie des autres. Me taire signifierait que je ne sers même pas mes propres principes. Je me ferais honte, vous comprenez ? »

Elle marqua une courte pause puis compléta :

« Si oui, je vous admire. »

Elle fixa le vide quelques instants et ne laissa pas le temps à l'autre de réagir - ce qu'elle pouvait répondre était secondaire, Helena aimait parler pour parler, et plus particulièrement pour couper la parole aux autres.

« Et puis, le silence est tellement ... pesant, ici. Nox n'est pas bien causant. J'aime d'autant plus parler que je suis certaine que vous n'avez rien à faire de ce que je vous dis. Et vous veniez pour quoi, à la base, créature du diable ? »

Enfin, elle lui offrit un rictus souriant et lui laissa en placer une. Elle espérait avoir encore fait grandir sa colère. Mais Helena ne concevait même pas l'éventualité que sa haine pourrait être telle qu'elle se sente la fantaisie de lui en coller une ou deux pour qu'elle se la ferme au moins dix secondes ou que ce joli sourire disparaisse de son visage suffisant. Non, ce n'était même pas envisageable. On ne se donnait pas la peine de frapper les gens comme elle. Elle était trop intouchable pour ça.

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Quand on exécute, au mois d'mars, de l'autr' côté des Pyrénées, un arnachiste du Pays basque, pour lui apprendre à s'révolter, ils crient, ils pleurent et ils s'indignent de cette immonde mise à mort. Mais ils oublient qu'la guillotine, chez nous aussi, fonctionne encore.

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Trianna Van Craft





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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Lun 4 Juin - 13:26

La vampyre aux cheveux noirs se leva le temps de tourner son fauteuil face à Trianna, puis se rassit (ou plutôt s'affala) dans le fauteuil. Son visage était terriblement pâle, presque plus que la peau de Trianna pourtant déjà blanche comme neige. A vrai dire la croque-mort semblait aussi pâle que les cadavres qui faisaient tourner son commerce, sans que Trianna ne pût dire si c'était naturel, dû à un fond de tain, ou si c'était simplement la noirceur de ses cheveux et son maquillage qui accentuait le contraste avec sa peau pâle.
Elle ne prononça pas un mot. Elle se contenta de fixer Trianna d'un air impassible.
Tant qu'elle se taisait, de toute façon, cela convenait parfaitement à Trianna. Malheureusement l'autre n'était manifestement décidé à la laisser tranquille. Elle ouvrit la bouche... Mais ne prononça pas un mot. Au grand soulagement de la rousse. Soulagement de courte durée, malheureusement.

« Je me fais un honneur d'exacerber la repartie des autres. Me taire signifierait que je ne sers même pas mes propres principes. Je me ferais honte, vous comprenez ?... Si oui, je vous admire. »

A peine avait-elle prononcé le premier mot que Trianna avait baissé la tête, espérant pouvoir faire abstraction de ces paroles en soustrayant la vampyre de sa vue. Sans succès.
Celle-ci continua à débiter un flot de paroles inutiles et proprement exaspérantes. Elle marqua une petite pause, juste le temps que la rousse intègre ce qu'elle venait de dire et que sa mauvaise humeur s'aggrave encore.
La croque-mort ne faisait que déblatérer un flot de futilités qui aurait laissé Trianna indifférente si celle-ci avait été dans un état normal et si leur émetteur n'était pas lié à un contrat... là elle était forcée de l'écouter parler, puisse que son employeur n'était toujours pas arrivé.

« Et puis, le silence est tellement ... pesant, ici. Nox n'est pas bien causant. J'aime d'autant plus parler que je suis certaine que vous n'avez rien à faire de ce que je vous dis. Et vous veniez pour quoi, à la base, créature du diable ? »

"Créature du diable"... L'autre n'avait décidément que ce mot à la bouche, et cela irritait d'autant la rousse qu'elle était extrêmement fière de ses cheveux, comme étant le seul héritage de ses parents.
Trianna s'approcha du bureau, et se pencha vers la vampyre, s'appuyant sur le bureau. Son sens de la répartie fondant à la même vitesse que sa patience, elle se contenta de regarder la vampyr droit dans les yeux, tâchant de lui faire comprendre que le contenu de ses paroles était loin d'être une plaisanterie :

- Ecoutez... Si vous appréciez autant le son de votre propre voix, je peut parfaitement vous enfermez dans l'un de vos cercueils... Je serais libérée de votre flot de paroles inutiles et vous pourrez vous tenir compagnie à vous même. Une solution qui conviendrais à tout le monde n'est-ce pas? Cela dit, si vous persistez à ouvrir votre clapet à propos de mes cheveux, j'opterais pour une solution plus expéditive qui consistera à vous clouer le bec d'une beigne magistrale...

[J'ai pas d'inspi, c'est magnifique :kiwi: ]

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Helena Iero

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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Dim 10 Juin - 22:43

Proximité forcée. Hum. Ce n'était pas la chose qui la gênait le plus au monde, mais le commun des mortels souffrait très peu le rapprochement excessif avec des personnes inconnues. En terme général, tout du moins. Et la rouquine faisait encore exception à la règle. Bizarre. Ou c'était une psychopathe - et elles pouvaient devenir très amies - ou alors … Bah, j'sais pas. Elle était elle, mais c'était pas très acceptable comme réponse, aux yeux d'Helena. Elle resta donc sur l'hypothèse de la psychopathe-sociopathe et autres trucs qui finissaient en pathe. Le regard de l'autre était fixe et elle semblait déterminée à tout lui cracher à la gueule. Ce qu'elle fit avec panache.

Les rares choses que la jeune femme aux cheveux de jais retint de son discours, ce fut l'absence de gêne qui avait l'air d'opérer chez elle. Rare. Très rare, même. Rien que la perspective d'un contact avec elle pouvait dégoûter le plus diplomate de ses clients. Mais elle, elle n'en avait royalement rien à foutre. Et l'absence de gêne chez la rouquine gênait Helena. Elle se sentit frustrée de ne pas arriver au même résultat que d'habitude. Agacée mais amusée. La difficulté la ferait se dépasser dans le domaine de la chiantise. Elle approuva lorsque l'autre complimenta le son de sa voix - enfin, ce fut la manière d'interpréter d'Helena. Lorsqu'elle lui proposa de l'enfermer dans l'un de ses chefs-d'œuvre, elle la regarda d'un air intrigué. Son lit était un cercueil qu'elle avait aménagé. En quoi pensait-elle que cela la dérangerait d'être mise sous le couvercle d'un de ses lits de mort ? La mort était une de ses vieilles compagnes.

Elle avait bien l'impression que l'inconnue n'aimait pas sa façon de parler continuellement. Bah ! Ils vivaient toujours dans le bruit, et ils ne pouvaient pas supporter le son mélodieux de sa voix ? Quels goûts étranges ils avaient … La jeune femme fut frappée par la menace de la rouquine. On l'avait rarement menacée - et d'ailleurs presque toujours d'un air apeuré. Jamais, avec autant d'aplomb, on ne l'avait menacée. Ou si, peut-être avant, à l'orphelinat. Et encore, on finissait par craindre ses colères dévastatrices. Seule une personne pouvait la maîtriser totalement et avoir un parfait contrôle sur elle, et ce n'était certainement pas cette renarde enragée.

« C'est que vous vous ne vous prenez pas pour n'importe qui, pauvre renard. La seule chose que je crains de vous, c'est que vous me mordiez et me refiliez la rage. Et à la base, vous ne deviez pas venir ici pour me parler ? Votre impolitesse me blesse, et votre agressivité est une preuve d'impolitesse. Ah ! Voilà que je m'improvise poète ! Voulez-vous faire des alexandrins avec moi, maître renard ? Des octosyllabes me conviennent tout autant, cela dit ... »

Elle se leva de sa chaise et courut se mettre debout sur l'un de ses cercueils d'un bond souple, et elle récita sans omettre un seul mot une fable de Lafontaine, se moquant ouvertement de la rousseur de sa cliente. Elle ne cachait rien de son mépris hilare et lui lançait des regards chargés de dédain.

« Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage ... »

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Quand on exécute, au mois d'mars, de l'autr' côté des Pyrénées, un arnachiste du Pays basque, pour lui apprendre à s'révolter, ils crient, ils pleurent et ils s'indignent de cette immonde mise à mort. Mais ils oublient qu'la guillotine, chez nous aussi, fonctionne encore.

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Trianna Van Craft





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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Dim 10 Juin - 23:34

La croque-mort resta de marbre pendant la laïus de Trianna, quoique la menace de se prendre un coup de poing sembla la perturber quelque peu. Sa réponse, ne fût, une fois de plus, qu'arrogance et sarcasme.

« C'est que vous vous ne vous prenez pas pour n'importe qui, pauvre renard. La seule chose que je crains de vous, c'est que vous me mordiez et me refiliez la rage. Et à la base, vous ne deviez pas venir ici pour me parler ? Votre impolitesse me blesse, et votre agressivité est une preuve d'impolitesse. Ah ! Voilà que je m'improvise poète ! Voulez-vous faire des alexandrins avec moi, maître renard ? Des octosyllabes me conviennent tout autant, cela dit ... »

Si elle craignait de se faire mordre, ça, ça pouvait s'arranger... Le plus "drôle" (ou le plus irritant du point de vue de Trianna) était qu'elle lui reprochais son impolitesse alors qu'elle avait été la première à lancer les hostilités... Niveau arrogance et vanité, elle faisait fort.
Un mot attira l'attention de Trianna : la croque-mot la traita de...."renard"
Renard? C'était quoi ça? Une insulte? Elle ne savait pas du tout ce que cela pouvait vouloir dire... Peut-être un truc terrien.
La vampyre timbré se leva ensuite, pour aller se tenir sur un des cercueils, l'utilisant comme un podium. Elle déclama ensuite un long poème sous l'oeil étonné de Trianna qui écouta attentivement. Une histoire de renard et de corbeau (encore un truc terrien, probablement... Que pouvait bien signifier ces mots?), dressant un portrait peu flatteur du renard mais non moins incisif du corbeau... Et à la fin de laquelle ce dernier se faisait avoir bêtement par le renard. Là, la croque-mort tendait le bâton pour se faire battre...
Lorsque qu'elle eût fini sa déclamation très théatrale, Trianna laissa passer une poignée de secondes de silence, avant de prendre la parole, d'un ton d'abord pensif, puis qui se fit triomphant et sarcastique.

- Si je comprends bien, vous me comparez à un renard, quoi que cela puisse être. Donc, dans votre histoire, vous êtes le corbeau.
Si j'en crois votre histoire, vous êtes donc quelqu'un d'excessivement vaniteux et égocentrique qui peut se faire avoir en beauté par n'importe qui ayant un peu de jugeote, et je suis une personne fine et manipulatrice.... Oui, j'estime cette comparaison très justifiée, finalement. C'est en quelque sorte une marque de clairvoyance de votre part... Je ne vous en croyais pas capable.


[Pour la petite note : la culture terrienne de Trianna est très proche du zéro absolu, donc l'insulte du renard, ça lui passe au dessus de la tête XD]
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Helena Iero

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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Lun 11 Juin - 8:41

    [ Zut D: Mais je sais rebondir :kiwi: *Avion* ]

La Vampyr sourit. Cette rouquine avait un sens de l'humour et de l'imagination à revendre. Elle se rassit calmement, laissant ses pans de robe voler dans tous les sens. Elle fut cette fois-ci un peu moins brutale, prenant soin de ne pas abîmer le cercueil. Elle traça des dessins invisibles sur la surface en écoutant l'autre Vampyr, son sourire gardant son air de mépris et d'hilarité qu'il possédait déjà avant. Visiblement, devant son air légèrement ahuri, elle ne devait pas connaître un seul traître mot de cette fable. Son sourire se fit plus pointu et moqueur encore. Et elle n'avait pas fini de la faire rire, on dirait.

La rouquine se lança dans un joli petit speech qui témoignait de son ignorance. Et au fil du discours, son ton plutôt léger se transforma en lame de poignard - qui n'avait pas lieu d'être, du point de vue d'Helena. Pour la croque-morts, tout ce qu'elle disait n'avait rien d'insultant, vu qu'elle avait tort. Cette fois-ci, elle ne fut pas le moins du monde perturbée. Oui, elle la comparait à un renard, cette bestiole avec un affreux nez pointu, des yeux malsains et un air sournois qui ... lui plaisaient bien. Mais c’eut été un cadeau de l'assimiler à un animal qu'elle semblait apprécier. Elle eut un regard intrigué lorsque l'autre lui annonça qu'elle était le corbeau. Là entrait en jeu son imagination. Il n'y avait pas d'autre explication à pareille stupidité. Elle se pencha pour ramasser une des nombreuses balles qui se perdaient sous ses cercueils et recommença à la lancer, comme lorsque la rouquine était arrivée. Un soupir amusé lui échappa.

« Je vous compare au renard, mais je ne me compare pas au corbeau. Laissez votre imagination au placard. Je n'ai pas une seule seconde insinué que je ressemblais au corbeau. Vous l'avez inventé parce que ça vous plaisait. Et vous êtes une inculte, de surcroît. Mais dans ma bonté immense, je vous annonce que le renard est un être sournois et vicieux, dans la culture humaine. Une chose aussi rousse que les flammes des enfers, qui ne tue que par simple plaisir. De plus, il a un visage fin et pointu comme les dents d'une Vampyr, ce qui n'enlève rien à son apparence hideuse, bien au contraire, il y contribue. »

Elle continuait de lancer sa balle tout en parlant, et tout en se taisant quelques instants. Finalement, elle prit la balle et la lança pour qu'elle frôle la tête de l'autre. Son visage avait été visé, mais l'autre avait eut le bon sens de l'esquiver. Helena ne bougea pas d'un poil, assise sur son cercueil, lorsqu'elle demanda avec un rictus amusé :

« Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau ? »

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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Mar 12 Juin - 0:26

« Je vous compare au renard, mais je ne me compare pas au corbeau. Laissez votre imagination au placard. Je n'ai pas une seule seconde insinué que je ressemblais au corbeau. Vous l'avez inventé parce que ça vous plaisait.»

Bien sûr.... Petite pirouette rhétorique pour dissimuler l'erreur qu'elle avait faite en déclamant ce conte. Trianna eût un léger sourire moqueur, sûre qu'elle avait marqué un point.

« Et vous êtes une inculte, de surcroît.»

Là, le sourire de la rousse disparu aussi vite qu'un touriste tripotant un krakdent. Certaines insultes spécifiques avaient le don d'énerver Trianna prodigieusement. En fait, tous ce qui touchait de près ou de loin à son passé (famille, parents, éducation, enfance...) la mettait simplement hors d'elle. Elle passait une part non négligeable de son temps à essayer de combler ses lacunes culturelles, mais elle considérait comme de la pure arrogance les insultes relatives à son manque de culture. La remarque de la croque-mort eût donc l'effet d'un bidon d'essence versé sur les flammes de la colère de Trianna, qui par réflexe montra ses crocs.

« Mais dans ma bonté immense, je vous annonce que le renard est un être sournois et vicieux, dans la culture humaine. Une chose aussi rousse que les flammes des enfers, qui ne tue que par simple plaisir. De plus, il a un visage fin et pointu comme les dents d'une Vampyr, ce qui n'enlève rien à son apparence hideuse, bien au contraire, il y contribue. »

D'abord les insultes sur son inculture, et maintenant sur son apparence, la croque-mort avait franchi un seuil critique. Le regard de Trianna se fit totalement avant de laisser place à une rage pure. L'autre vampyre s'était assise sur son cercueil, derrière le bureau.
Trianna ne réfléchit pas un instant de plus, sauta sur le bureau en bond leste puis enchaîna avec un deuxième, atterrissant avec légèreté sur le cercueil, juste à côté de la vampyre. Elle utilisa l'élan du saut pour cueillir la croque-mort à la gorge et la plaquer violemment contre le mur, exerçant sur sa gorge une pression suffisante pour lui couper le souffle.
Dans un regain temporaire de lucidité, elle se rendit compte qu'elle ne s'était pas retenue et qu'elle avait mobilisé toutes les ressources de son corps de BSH... Peut-être un chouïa trop rapide pour une vampyre normale.
Cette pensée passa très rapidement dans l'esprit de Trianna puis disparu. Elle était trop furieuse et trop concentrée pour s'en soucier. Elle se pencha vers l'autre vampyre qui commençait à étouffer et murmura, sur un ton vibrant de rage.

- La ferme, espèce de petite garce arrogante.

Elle lâcha la gorge de la croque-mort, uniquement pour mieux la cueillir au menton d'un magistral crochet du gauche qui l'envoya par terre, au bas du présentoir à cercueil. Trianna se calma (temporairement du moins) et repris la parole sur un ton très légèrement moins menaçant.

- A la prochaine insulte, je vous assomme contre l'un de vos cercueils.

Trianna se retourna.... Uniquement pour voir un vampyr sur le pas de la porte, une boule de cristal sortie et l'ai très déterminer. Elle l'identifia très vite : c'était son futur (ex-)employeur... Celui-ci repris ses esprits très vite, entra dans la boutique précipitamment.
Et balança un Assommus à Trianna qui ne s'y attendait absolument pas. Elle tenta d'esquiver, sans succès. Le sort l'atteignit donc mais ne l'assomma pas immédiatement. Elle s'effondra, mais parvint à entendre le vampyr se précipiter vers la croque-mort et parler :
"Ne vous inquiétez pas, j'ai prévenu les forces de l'ordre qui viendrons s'occuper de cette malade. Laissez-moi vous soign..."

Trianna sombra alors dans l'inconscience, persuadée que son réveil se ferait dans une cellule...

[Mwahaha :kiwi:. Eclate-toi bien \o/]
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Helena Iero

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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Mar 12 Juin - 18:11

Elle n'avait pas tout compris, d'abord. C'était rapide, implacable et surprenant. A ses yeux. Pour un être avec des pensées stables et dans la norme de l'éthique, ce qu'il s'était passé était inévitable. A ses yeux, cela n'aurait jamais dû se produire. Mais le fait est. Elle n'avait rien vu venir, se retrouvant contre un mur, toute arrivée d'oxygène coupée. Helena n'eut même pas la présence d'esprit de se débattre. Elle pensait. Ouais, ouais, c'est pile le bon moment pour les états d'âme, là. Et le choc avait fait assez mal, au passage. Mais ce serait lui faire trop d'honneur que d'extérioriser sa panique et sa douleur. Son regard était fixé dans ses beaux yeux ... rouges ? Un éclair de lucidité la traversa. Un sourire cruel se dessina sur ses lèvres. Elle pouvait crever, mais elle avait l'air de n'avoir aucun instinct de survie. Enfin si, quand même. Lorsqu'elle commença légèrement à suffoquer, elle tenta de se libérer assez ... mollement. La vie, c'est tellement surfait.

L'autre se pencha sur elle. D'habitude, c'était Helena qui se penchait sans gêne sur les autres. Là, il fallait avouer qu'elle était en position de faiblesse. Elle ne la tuerait pas. ... Si ? Elle commençait à avoir une légère appréhension, et sa vision se brouillait un peu. Visiblement, la rouquine ne se priva pas d'appuyer sa suprématie par quelques mots bien tranchants.

« La ferme, espèce de petite garce arrogante. »

Un instant, Helena put reprendre de l'air, ravie de cet nouvel accès de vie en elle. Cependant, elle fut nettement moins enchantée lorsqu'elle se mangea un sympathique coup de poing dans la mâchoire. Si elle résistait à ça, elle se promit d'avoir un brin d'estime pour ce truc roux :kiwi:. Ah, c'était confortable, le sol. Elle n'avait pas touché son carrelage avec son visage depuis ... longtemps ? Ah oui, tu es au sol Helena. Ton sens de l'observation, c'est un truc de guedin. Tiens, un de ses cercueils préférés, dis donc. Pas mal, vu d'en dessous. Splendides finitions. Pas auto-suffisante du tout, mainaaan :B. Ah, au fait, y'a du sang là. Eh bah ... eh bah oui c'est le tien ma chérie. Dans ta face.

« A la prochaine insulte, je vous assomme contre l'un de vos cercueils. »

Le ton était certes moins menaçant, mais la menace plus ... menaçante. Lorsqu'elle vit, reprenant doucement ses esprits, l'homme surgir derrière la Vampyr, Helena jubila en silence, un sourire satisfait sur les lèvres. Dantagglekeuhnasse. Oh, le gentil client :kiwi:. Apparemment, l'autre le connaissait. Et hop, un gentil petit Assomus pour calmer la demoiselle. Merci bien, monsieur. L'autre s'effondra. Helena eut un petit pincement au coeur pour son divertissement du jour. Elle n'allait tout de même pas la laisser se faire embarquer ... non ? Ah, l'autre vieux lui causait, là. Mais ta gueuuuuule.

« Hm. Je sais me débrouiller, vieillard. Mais le coup de main était pas de refus. Je vais m'occuper de la suite. ... Merci. »

Remerciements à la Helena. Ça lui arrachait légèrement la gueule de dire merci, à ce type qui plus est. Ça se méritait autrement plus, un merci d'Helena, mais bon. On allait pas faire sa capricieuse, ou le vieux allait encore pas lui lâcher les baskets ou ne pas revenir acheter ses trucs ici. En tout cas, il n'engagerait plus la Vampyr rousse, ça c'était sûr ... Tiens, mais comment il s'appelait, le renard, en fait ? La question la turlupinait. Elle ferma boutique et suivit les opérations, tout à fait sereine. La croque-morts observait avec attention tout ce que les forces de l'ordre faisaient, et apparemment, ils avaient besoin de sa présence. Tant mieux ! Arrivés au point final de leur trajet, Helena tint à rester auprès de son agresseur. Elle la vit papillonner des yeux, et elle lui offrit un sourire absolument splendide - et un véritable, cette fois-ci.

« Bien dormi ? »

Elle planta son regard dans le sien, absolument tranquille.

« Vous me regardez comme si j'allais vous laisser là ... Allons allons, je ne suis pas si ... cruelle. Ce serait bête, vraiment. Vous pourriez presque être condamnée pour être BSH ... »

Elle avait désormais un sourire de petite fille. Elle n'avait pas souhaité ôter le sang qui avait coulé sur son visage couleur de nacre. Il laissait désormais des traces qui commençaient à sécher lentement.

« Mais je vais vous laisser ici un peu. C'est comme observer un animal en cage. Les humains sont friands de cette activité, vous savez ? Un si joli renard ... Je serais triste de le voir s'échapper tout de suite. »

La Vampyr lui offrit un sourire faussement attendri, qui disparut lorsqu'elle reprit la parole.

« Vous voulez que je continue à vous appeler le Renard, ou vous me dites votre nom ? »

Finalement, elle détourna le regard, observant les alentours d'un air aussi amorphe que de coutume. On ne pouvait pas tout de suite déceler qu'elle cherchait le moyen de faire sortir son renard d'ici ...

Spoiler:
 

_♣ _______________ ♣_
Quand on exécute, au mois d'mars, de l'autr' côté des Pyrénées, un arnachiste du Pays basque, pour lui apprendre à s'révolter, ils crient, ils pleurent et ils s'indignent de cette immonde mise à mort. Mais ils oublient qu'la guillotine, chez nous aussi, fonctionne encore.

Hexagone, Renaud.
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Trianna Van Craft





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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Sam 16 Juin - 14:01

Trianna s'éveilla sur la couchette très peu confortable d'une cellule de prison. *En prison?*. Elle n'ouvrit pas immédiatement les yeux, tenta de rassembler ses pensées décousues, ses souvenirs épars. Comme si elle s'éveillait d'un rêve... Comme si ces dernières années n'avaient été qu'un long et idyllique rêve, et qu'elle s'était réveillée pour revenir à la réalité de son existence, à Oo'salé, entre les guerres de gang, les emprisonnements... Et bien pire encore.

Pendant un court instant, elle refusa d'ouvrir les yeux, de peur d'avoir la confirmation qu'elle était bel et bien dans une prison d'Oo'salé...

... Cet instant passa très vite, elle retrouva le courage d'ouvrir les yeux.

La pièce était effectivement une cellule de prison. Mais une cellule bien trop spacieuse, bien trop... confortable (dans la mesure du possible) par rapport aux vulgaires cachots auxquels elle était habitué. Et surtout, derrière les barreaux de la cellule se tenait un jeune femme en robe noire, avec de longs cheveux noirs de jais tranchants superbement avec son teint effroyablement pâle. Malgré son maquillage qui la faisait ressembler à un macchabée, Trianna la trouva... Belle. L'espace d'une seconde, avant que ne lui revienne en mémoire l'identité de cette vampyre.

Paradoxalement, cette inimitié retrouvée la rassura profondément, puisse qu'elle dissipa totalement la crainte irrationnelle que Trianna avait ressentie au réveil. La légère perte de mémoire devait être due à un effet secondaire de l'Assommus. Et à son inconfort chronique lorsqu'elle se trouvait en cellule.

Elle s'assit sur la couchette, et se rendit compte que l'autre (dont elle ne connaissait toujours pas le nom) lui avait parlé. Et qu'elle arborait un immense sourire dépourvu de moquerie. Assez incongru, d'ailleurs. La croque-mort parla à nouveau :

« Vous me regardez comme si j'allais vous laisser là ... Allons allons, je ne suis pas si ... cruelle. Ce serait bête, vraiment. Vous pourriez presque être condamnée pour être BSH ... »

Trianna eu un hoquet d'horreur. Et merde. Dans sa colère, elle n'avait pas fait attention au fait que ses actes pouvaient trahir son statut de BSH. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être négligente à ce point... Son sang contaminé y était probablement pour quelque chose dans cette perte de contrôle. Enfin, là c'était devenu le cadet de ses soucis. Si l'autre avait tout balancé aux autorités, elle allait être transférer à Urla dans l'heure, jusqu'au QG des Brigades Noires. Là, elle serait soit exécutée, soit abandonnée dans un cachot pour y crever de faim. Le temps qu'elle réalise à quel point elle était mal, la croque-mort parla à nouveau :

« Mais je vais vous laisser ici un peu. C'est comme observer un animal en cage. Les humains sont friands de cette activité, vous savez ? Un si joli renard ... Je serais triste de le voir s'échapper tout de suite. »

Trianna resta incrédule pendant un petit moment, encore trop groggy pour savoir si ce que la vampyre venait de dire était quelque chose de positif ou non. Elle l'ignora donc, se concentra sur le fait de rassembler ses idées et de remettre son cerveau dans un état de fonctionnement normal. Ce faisant, elle se rendit compte d'une chose qui ne jouait pas du tout en sa faveur : elle avait faim. Elle n'avait pas mangé depuis 2 jours et l'accès de rage, puis l'Assommus avait brûlé ses dernières réserves. Donc, elle avait faim, ce qui était problématique puisse que si cette état persistait trop longtemps (ce qui serait le cas si elle restait là) elle allait péter un câble, entrer en frénésie et s'attaquer à tout et n'importe quoi ayant l'air comestible.
En résumé : la situation était VRAIMENT merdique.

« Vous voulez que je continue à vous appeler le Renard, ou vous me dites votre nom ? »

La question pris Trianna au dépourvu. Elle laissa passer une minute de silence, puis répondit

- Je m'appelle Trianna Van Craft.

A propos de nom... Un souvenir lui revint : celui d'une conversation avec son nouvel ex-employeur. Il avait mentionné un nom pour le propriétaire du funérarium : Iero.

- Et vous, si je ne me trompe pas, vous êtes mademoiselle Iero. En revanche je ne connait pas votre prénom.

Alors qu'elle répondait à ma "question", deux vampyrs revêtu de l'uniforme des forces de l'ordre s'approcha de la cellule. Poliment, l'un d'eux demanda à Helena de s'écarter, puis alla ouvrir la cellule. L'autre avait activé sa magie, et resta à distance, prêt à agir si besoin était.

Le vampyr qui était entré dans la cellule s'approcha, toisant Helena d'un regard curieux

- Je n'aurais absolument jamais imaginer vous rencontrer en personne dans une cellule, mademoiselle Van Craft.

Trianna répliqua sur un ton extrêmement poli :

- Excusez-moi, je n'ai pas le souvenir de vous avoir jamais rencontré...

Le vampyr se fendit d'un léger sourire
l’interrogatoire- Non, en effet, je connais votre nom mais il est fort peu probable que vous connaissiez le mien. Je me prénomme Stanislas Ark, et j'étais présent lors du gala d'inauguration du Comte Swanson, à Tingapour. J'ai assisté à votre prestation pour le moins exceptionnelle, ce soir là. Qui aurait cru qu'une jeune femme aussi gracieuse puisse agresser aussi violemment une croque-mort?

Trianna garda le silence et le sourire, sachant pertinemment qu'elle n'avait pour le moment rien à dire qui puisse améliorer sa situation.

- Vous pourriez peut-être nous expliquer le pourquoi de cette agression?

Malgré le ton poli du vampyr, cette question n'en était pas vraiment une et relevait plutôt de l’interrogatoire

- J'ai reçu, plus tôt dans la semaine, un appel d'un homme souhaitant organiser un ballet mortuaire pour l'enterrement d'un de ses proches, et il souhaitait que ce soit moi qui fasse cette représentation. Nous devions nous retrouvez chez mademoiselle Iero ici présente, croque-mort de son état et qui était chargée de l'enterrement, dans le but d'organiser la cérémonie.

Elle marqua une courte pause.

- Je suis donc arrivé à la boutique... Et à peine étais-je entré qu'elle a commencé à m'insulter. Et elle n'as pas cessé de m'agresser verbalement, j'ai bien essayé de garder mon calme mais j'avais passé une très mauvaise journée... Et je me suis emportée. M

Il se prononca pas un mot au début, puis regarda tour à tour Trianna et Helena. Puis il dit :

- Est-ce que mademoiselle Iero souhaite porter plainte? Si non, je n'ai aucune raison valable de vous retenir ici.

[Tu as le droit de me tuer pour avoir tarder à répondre et avoir au final fait un truc pourri :kiwi: ]
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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Sam 8 Sep - 19:12

La Vampyr ne savait pas trop pourquoi elle s'intéressait tant à la BSH. Compassion ? L'hypothèse était ridicule. Helena n'aimait à peu près personne. Et elle n'allait pas commencer à apprécier quelqu'un juste comme ça, parce qu'elle avait l'air d'avoir du caractère. Elle se demanda un bref instant si elle n'allait pas regretter de ne pas avoir pris la décision délicieuse de l'envoyer croupir en prison alors qu'elle n'avait absolument rien fait. L'injustice avait de cela, pour le bourreau, d'être terriblement sublime à ses yeux. Elle ne l'aurait déjà pas tant pourrie - elle avait quand même fait perdre à la rousse une occasion en or de gagner pas mal d'argent, elle allait lui créer une réputation malgré tout, et elle avait découvert son statut de BSH et l'avait implicitement menacée de le révéler -, elle songea qu'elle l'aurait peut-être bien pourrie de cette manière. Mais elle en avait tant autres façons de lui empoisonner la vie que la faire enfermer serait un innommable gâchis. Bref. La théorie de la compassion est désormais très loin de nos esprits, je pense.

Quelques syllabes franchirent les lèvres de l'autre. Depuis qu'elle avait lu avec intérêt des livres entiers consacrés aux guerres humaines et qu'elle avait pris connaissance de la terrible histoire de ce qu'ils appelaient " la Shoah ", Helena s'était rendu compte de la valeur inestimable d'un nom. Vous attribuer un numéro revenait à vous rendre bestial, presque insensible. Faire du mal à un numéro était moins douloureux que de blesser un être doté d'un nom. Aimer un numéro est bien plus dur que d'aimer un nom. Malgré son je-m-en-foutisme naturel, Helena n'avait pas pu rester de glace face à des faits aussi affreux. Sa haine envers la société n'en fut qu'accrue, et pas seulement envers les humains. Ils auraient tous pu le faire, ils l'ont tous fait indirectement. Exterminer parce qu'ils ne sont pas comme nous. Quel slogan y avait-il de plus grotesque que celui-ci ?

C'est pour cette raison qu'elle ne voulait pas connaître les noms de ceux qui étaient ses clients, et qu'elle ne les retenait jamais. Pour les considérer comme des choses, et non pas comme des personnes. Elle se répéta intérieurement l'annonce de son nom. Trianna. C'était bien loin du prénom classique que beaucoup portaient. Elle n'avait jamais entendu ce nom. Ou plutôt, même si elle avait déjà entendu ce nom, elle ne s'en souvenait désormais plus. Van Craft. Le nom de famille était peu important à ses yeux. Elle s'appelait Iero, et tout ce qu'elle y gagnait, c'était d'être appelée par ses clients, d'avoir son nom dans l'annuaire et de partager le même sang que Billie. En gros, pas grand-chose. Elle n'allait pas s'ennuyer à retenir son nom de famille, son prénom était largement suffisant.

« Et vous, si je ne me trompe pas, vous êtes mademoiselle Iero. En revanche je ne connais pas votre prénom. »

Elle aurait pu avoir la sublime mauvaise foi de lui répondre par la négative, mais la réponse s'échappa sans trop de soucis. En soi, il eût été fâcheux que la rousse commence à l'appeler par des pseudonymes divers qui ne lui conviendraient peut-être pas. Elle trouva donc préférable de lui révéler ses véritables désignations. Et puis, si elle avait choisi ce nom, c'est qu'elle aimait s'appeler ainsi. Le Aline dont elle était autrefois affublée la faisait frissonner.

« Helena. »

A peine eût-elle achevé de prononcer ce simple mot que deux Vampyrs qui avaient l'air assez sérieux - et notamment affreusement assommants rien que par leur apparence - et l'un d'eux lui demanda poliment de s'écarter. La pauvre martyr. Il sortit le renard ( en fait elle l'aimait bien, ce surnom ) de sa cage et celui qui accompagnait Trianna pour la sortir de sa geôle sembla lui conter fleurette. Il posa un regard curieux sur Helena. Oui, elle était vraiment bizarre, et elle avait plus l'air de la méchante que de l'innocente. Mais encore ? La Vampyr s'ennuyait déjà ferme, à ne pas écouter les jérémiades du représentant des forces de l'ordre. Elle faisait à peine attention à ce qu'il se disait lors de l'interrogatoire, l'air totalement extérieure au problème. Elle se sentit soudain observée. L'homme observait Trianna puis Helena, puis Helena puis Trianna, et ainsi de suite. La jeune femme étouffa un soupir, et elle eut l'air de dire « Abrège. » Il prononça les paroles protocolaires. Que tout cela était ennuyeux.

« Est-ce que mademoiselle Iero souhaite porter plainte ? Si non, je n'ai aucune raison valable de vous retenir ici. »

Elle eut l'air exaspérée, pensant que finalement, c'était pure perte de temps. Et puis, envoyer Trianna en prison revenait à faire encore plus de choses encore plus ennuyantes. En bref, elle préférait largement que tout ceci se finisse au plus vite. Elle voulait avoir beaucoup de temps pour ne rien faire.

« Non. Ça a beau être une sale bête, elle n'est pas dangereuse. Pas la peine de l'enfermer comme un animal. Vous pouvez la laisser vagabonder. »

Elle se leva prestement, l'air de vouloir en finir au plus vite. Elle lança un regard en biais à Trianna, puis sourit d'une manière triomphante. Elle remplit les formalités et sortit tranquillement, comme si tout cela était d'une banalité terrible.

« Ceci étant fait, je suppose que vous espérez de tout votre être ne plus jamais me revoir. Remarquez, je vous comprends. »

Elle éclata de rire. Pour elle, la vie était un immense théâtre dans lequel il fallait se donner du plaisir à jouer, et tenir un rôle qui en valait la chandelle. Elle observa le ciel, comme si il avait soudain bien plus d'intérêt. Ce fut une belle journée. A ses yeux.

_♣ _______________ ♣_
Quand on exécute, au mois d'mars, de l'autr' côté des Pyrénées, un arnachiste du Pays basque, pour lui apprendre à s'révolter, ils crient, ils pleurent et ils s'indignent de cette immonde mise à mort. Mais ils oublient qu'la guillotine, chez nous aussi, fonctionne encore.

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MessageSujet: Re: The bird and the worm ▬ Trianna   Ven 8 Mar - 2:23

« Non. Ça a beau être une sale bête, elle n'est pas dangereuse. Pas la peine de l'enfermer comme un animal. Vous pouvez la laisser vagabonder. »

La réponse de Helena ne surpris Trianna qu’à moitié. Elle fût étonnée que la vampyre ne se venge pas. Elle avait plutôt l’air d’être du genre à pourrir la vie des gens pour le simple plaisir d’être une emmerdeuse. Ou peut-être Trianna l’avait-elle légèrement mal cernée. En revanche, son côté insultant n’avait pas disparu.
La vampyre rousse poussa un gros soupir, mélange de résignation et de soulagement. La suite se passa sans accroc, la paperasse fût expédiée rapidement au plus grand soulagement de Trianna qui commençait à avoir vraiment la dalle. Elle sortit du poste de police en même temps qu’Helena, et à peine étaient-elles sorties que celle-ci pris la parole :

« Ceci étant fait, je suppose que vous espérez de tout votre être ne plus jamais me revoir. Remarquez, je vous comprends. »

Trianna la regarda. La regarda vraiment. Finalement, elle ne comprenait pas cette fille. Pas du tout. Et ça l’intriguait énormément. Elle ne répondit pas tout de suite, se contentait de dévisager Helena d’un air profondément curieux. Puis une idée fleurit dans son esprit, et elle sourit, avant de parler :

« En fait, je crois que nous nous reverrons bien assez tôt. J’étais venu pour affaires, et je compte bien convaincre mon client de reprendre ce contrat. Donc… Nous nous recroiserons sous peu, je pense. »

Elle se fendit d’un petit sourire, à mi-chemin entre la sympathie et le mépris. Oui oui, c’est compliqué mais faisable.

« Je vais donc vous laisser, j’ai quelques affaires urgentes à régler. Oh et… Je suppose que je dois vous remercier de n’avoir pas porté plainte »ajouta-t-elle sur un ton qui était aussi mitigé que son sourire : à la fois sincère et hypocrite.

Elle tourna ensuite le dos à Helena, physiquement et mentalement puisse que son esprit se fixait désormais sur la faim dévorante qui la tenaillait à présent. Elle se dirigea vers la porte de Transfert avec la certitude que demain, un humain allait se réveiller avec une légère anémie…


[C'est court, mais au moins c'est fait :kiwi: ]

_♣ _______________ ♣_
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